CBC/Radio-Canada : L’APS révèle les faits

Au cours des derniers mois, de très vives critiques à l’encontre de CBC/Radio-Canada sont apparues dans les médias. La chaîne a été accusée de partialité. Certains sont allés jusqu’à affirmer que le réseau n’était plus nécessaire car très peu de gens le regardaient. Certains ont même suggéré que les médias du secteur privé pourraient remplacer complètement CBC/Radio-Canada. On a également affirmé que la chaîne recevait d’énormes quantités d’argent du contribuable et qu’il était temps de « définancer la CBC ». Face à cette attaque qui menaçait l’avenir du service public de radiodiffusion au Canada ainsi que les emplois et le bien-être de tous les employés travaillant à CBC/Radio-Canada, l’APS a décidé de commander des recherches pour obtenir les faits. L’APS a contacté deux des principaux instituts de recherche sur les politiques publiques afin d’examiner les critiques formulées à l’encontre de CBC/Radio-Canada. Il s’agit du Centre canadien de politiques alternatives (CCPA) et de l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS). Nous ne leur avons pas dit quoi dire. Nous leur avons plutôt demandé de faire des recherches et de nous fournir des faits.

Plusieurs rapports importants

Au total, IRIS et l’ACCP ont rédigé plusieurs rapports qui peuvent être consultés en cliquant ici : Études Pertinence Radio-Canada

Pour obtenir les informations dont ils avaient besoin, les chercheurs ont examiné des études internationales comparant CBC/Radio-Canada à des radiodiffuseurs de service public d’autres pays. Ils ont examiné des données provenant d’une grande variété de sources, dont Statistique Canada et l’OCDE. Ils ont passé en revue les sondages d’opinion réalisés au Canada et à l’étranger. Enfin, ils ont organisé des groupes de discussion pour mieux comprendre ce que les gens pensent du radiodiffuseur national.

Les rapports examinent de nombreux sujets, notamment :

  • Le public pense-t-il que CBC/Radio Canada est partial ? Les gens lui font-ils confiance ?
  • Combien de personnes regardent et écoutent CBC/Radio-Canada ?
  • Quels changements se produisent dans la disponibilité des médias locaux et la couverture de l’actualité dans l’ensemble du pays ?
  • Comment le financement public de CBC/Radio-Canada se compare-t-il au financement public des radiodiffuseurs de service public dans d’autres pays ?
  • Comment les recettes publicitaires de CBC/Radio-Canada se comparent-elles à celles d’autres pays ?

Bref résumé des rapports

Les rapports démontrent, en s’appuyant sur des faits et en citant leurs sources, que les critiques formulées à l’encontre de CBC/Radio-Canada sont erronées. Une grande partie du public regarde et écoute régulièrement les stations de télévision et de radio de CBC/Radio-Canada et suit ses sites Internet. CBC/Radio-Canada est une source fiable d’informations et d’analyses. Et le coût pour les contribuables est minuscule et bien inférieur à celui des radiodiffuseurs de service public dans d’autres pays.

Allez sur le site web de l’APS Études Pertinence Radio-Canada et vous pourrez lire l’intégralité des rapports. Chacun d’entre eux est très détaillé et tous les faits sont référencés en citant les sources d’information.

CBC/Radio-Canada est le réseau médiatique le plus fiable.

Les sondages d’opinion publique indiquent que parmi les francophones du Canada, Radio Canada est la source d’information la plus fiable, 78 % des répondants déclarant qu’ils la trouvent « digne de confiance ». TVA arrive juste derrière, avec 69 % des répondants qui la jugent « digne de confiance ».  Parmi les anglophones, CBC est la source d’information la plus digne de confiance, 67% des répondants déclarant la trouver « digne de confiance ». CTV arrive juste derrière, avec 62% des personnes interrogées qui la trouvent « digne de confiance ». Ces niveaux de confiance du public à l’égard de CBC/Radio-Canada sont bien plus élevés que la « confiance » accordée aux autres médias et aux médias sociaux.

La grande majorité des gens regardent régulièrement CBC/Radio-Canada

Au moins 78 pour cent des francophones déclarent regarder Radio-Canada régulièrement ou à l’occasion. Parmi les anglophones, 64 % déclarent regarder CBC régulièrement ou occasionnellement, ce qui en fait le réseau de télévision anglophone le plus regardé.

CBC/Radio Canada reçoit très peu de fonds publics

Le financement public de CBC/Radio-Canada par capital représente moins de 36 dollars par an, soit moins de 10 cents par jour. En fait, le financement public de CBC/Radio-Canada représente 0,12 % des dépenses totales du gouvernement. En moyenne, les autres pays consacrent à leurs radiodiffuseurs de service public une part deux fois plus importante des dépenses publiques totales que le Canada.

D’autres pays dépensent beaucoup plus pour soutenir leurs radiodiffuseurs de service public.

Une étude internationale portant sur les radiodiffuseurs de service public de 19 grands pays a révélé que seuls trois d’entre eux dépensaient moins que le Canada par habitant pour les médias de service public. Le coût pour les contribuables canadiens ne représente que 41 % de la moyenne des contribuables des autres pays. Dans un pays aussi vaste et peu peuplé que le Canada, c’est remarquable.

CBC/Radio-Canada dépend beaucoup plus de la publicité que les radiodiffuseurs de service public des autres pays

CBC/Radio-Canada dépend beaucoup plus des revenus provenant de sources commerciales que la plupart des radiodiffuseurs publics des autres pays. Seuls trois radiodiffuseurs publics de l’échantillon de 19 grands pays – l’Irlande, l’Italie et la Nouvelle-Zélande – comptent davantage sur les recettes de publicité et de parrainage que CBC/Radio-Canada.

Les médias du secteur privé qui se substituent à CBC/Radio-Canada sont de moins en moins nombreux

Les détracteurs de CBC/Radio-Canada ne mentionnent jamais les conséquences d’une réduction ou d’une fermeture pure et simple dans une situation où de nombreux autres médias ferment leurs portes. Prenons l’exemple suivant :

  • Depuis 2008, le Canada a perdu 11 % de ses médias imprimés locaux et 9 % de ses médias audiovisuels privés,
  • Au Québec seulement, au cours de la même période, 101 médias locaux ont fermé leurs portes et 37 autres ont réduit leurs activités.
  • Les petites villes, celles qui comptent moins de 30 000 habitants, ont vu 10 % de leurs organes d’information fermer au cours des 15 dernières années. Les petites communautés de Terre-Neuve-et-Labrador, du Québec, de l’Île-du-Prince-Édouard et du Manitoba ont été les plus durement touchées par les fermetures.
  • En 2023, 83 médias ont fermé leurs portes, principalement en raison de la faillite de Metroland et des fermetures de Métro Média au Québec.
  • L’année dernière, 2024, a été la pire année pour les fermetures d’organismes de radiodiffusion privés, en raison de la diminution du nombre de stations de CTV et de Corus.
  • Aujourd’hui, 2,5 millions de Canadiens vivent dans un code postal où il n’y a qu’un seul ou aucun organe d’information local.

Conclusion : Nous avons besoin de plus de CBC/Radio-Canada – pas moins

Les rapports de l’IRIS et du CCPA mènent à une conclusion écrasante. Nous devons développer CBC/Radio-Canada, et non la défaire. Avec l’énorme déclin de la télévision, de la radio et de la presse écrite du secteur privé, CBC/Radio-Canada est plus que jamais nécessaire.

Les sociétés démocratiques dépendent d’une population informée qui reçoit des informations véridiques et objectives de la part de journalistes qualifiés, et non pas de la part de professionnels des relations publiques qui font de l’autosatisfaction. Face aux menaces qui pèsent sur notre économie et notre souveraineté nationale, nous avons besoin d’une couverture et d’une analyse plus précises de l’actualité. L’expansion de CBC/Radio-Canada est plus que jamais nécessaire.

En conclusion, il convient de noter les commentaires de Guillaume Hébert, auteur du rapport IRIS : « Il y a un risque. Nous allons nous retrouver avec de plus en plus d’acteurs dans la sphère publique qui ne sont pas là pour produire une information équilibrée ou viser l’objectivité, mais qui servent un intérêt politique ou commercial. Cela peut nuire à la démocratie ».

 L’APS fait partie de la solution

Pour sa part, l’APS s’engage à continuer à fournir des informations et des analyses véridiques sur le rôle important que joue CBC/Radio-Canada dans notre société. Nous restons déterminés à continuer à promouvoir un journalisme complet et précis au bénéfice du public.

*Code de conduite des employés de Radio-Canada/CBC concernant le partage d’information de façon sécuritaire.